La consigne est claire. Éviter tout rapprochement physique. Cela fait partie des consignes de prévention dictées par le Ministère des Solidarités et de la Santé, dans notre pays mais bien au-delà de nos frontières pour lutter contre la propagation du Coronavirus.

On évite de se faire la bise, on ne se serre plus la main, on diminue les déplacements et on évite les rassemblements. Cela a été dit et répété, le Covid-19 a un impact fort sur l'activité des entreprises tant sur le plan organisationnel que financier et économique.

 

Qu'en est-il sur le plan comportemental ?

Certes, l'entreprise, n'est pas, a priori, le lieu des rapprochements physiques... Mais plus que jamais aujourd'hui, en interdisant les contacts de courtoisie, chacun peut prendre conscience de la place du langage non verbal dans le monde professionnel. Serrer une main, s'embrasser sont quasiment des réflexes au quotidien.

Lors d'un de mes rendez-vous en entreprise pour un coaching, hier, alors que la personne vient me chercher à l'accueil, je me lève et machinalement, je lui tends la main. En le faisant, je lâche un « mince, je vous ai serré la main ». Trop tard, c'est déjà fait. Comme si le corps avait devancé l'esprit. Je savais pertinemment en arrivant que je ne devais pas lui serrer la main et pourtant, par habitude, le geste mécanique s'est invité. Devant ma réaction, mon interlocuteur, qui lui aussi m'a serré la main, dédramatise « c'est pas grave », en principe je ne serre pas la main mais comme vous me l'avez tendue... ». Double réflexe donc : le faire et le laisser faire.

Inutile d'en rajouter sur l'importance que revêt le premier contact dans les relations interpersonnelles. On l'a déjà abondamment exprimé. On fait passer dans la façon de serrer la main, selon le temps que cela dure, la fermeté de la poigne, le regard associé ou non... bien des messages.

 

On est au cœur de ce que l'on appelle communément le langage non verbal, autrement dit tout ce que nous pouvons exprimer, faire passer autrement que par des mots.

 

Que se passe-il quand le corps est bridé ?

C'est précisément ce qui nous arrive actuellement. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas nous approcher les uns des autres, en tous cas pas de la façon la plus conventionnelle. Alors nous inventons des stratégies de compensation. Vous l'avez sûrement observé et peut-être vécu, à défaut de se serrer la main ou de se faire la bise, on trouve des alternatives... Les coudes, qui habituellement il faut bien le reconnaître, ne nous servent pas à grand chose (en termes de langage corporel) entrent en action. D'autres, plus téméraires, tentent un contact au niveau des pieds, voire des genoux. Enfin, les plus complices, quand la relation le permet, n'hésitent pas à se saluer d'un coup de hanche. Les plus réservés (ou dans le cas où la relation est naissante) se contenteront d'un hochement de tête « à la japonaise ». Autrement dit, d'un côté, on touche des parties du corps qu'on n'a pas l'habitude d'approcher dans un contexte professionnel, de l'autre, on marque une distance, à l'abri de tout contact physique.

Rien faire, c'est difficile. Car, ce n'est plus à prouver, le non verbal précède le verbal. Quand j'arrive le matin sur mon lieu de travail, le regard précède la parole. Je vois un collègue dans le couloir (c'est le premier contact) et ensuite seulement, je le salue par une poignée de main ou en lui faisant la bise.

 

Dans l'entreprise, sauf dans certains milieux particuliers, le corps est assez tabou. La poignée de main et la bise constituent souvent les deux rares situations qui permettent un rapprochement. Une main sur un genou, ou sur l'épaule... et très vite, on peut craindre un geste inadapté voire déplacé.

 

Quelles distances sociales ?

Il en va de même pour la distance qu'on met entre soi et les autres. Dans toute communication interpersonnelle, la notion de distance est essentielle. La distance physique qui existe entre les interlocuteurs est le reflet de la relation et du contexte. Cette notion de distance sociale a été baptisée « proxémie » ou « proxémique » par l'anthropologue américain Edward T. Hall, dans les années 60. Selon lui, il existe 4 catégories de distance : intime (entre 0 et 40 cm), personnelle (entre 40 et 125 cm), sociale (entre 125 et 360 cm) et publique (à partir de 360 cm et bien au-delà). Il n'échappera à personne que ces catégories méritent d'être adaptées. La proximité physique sociale est étroitement liée à la culture. On connait manifestement la tendance des gens du sud à être tactiles et à être proches physiquement et l'inverse chez les gens du nord, même si en dehors des contingences purement géographiques, nul doute que la personnalité ait un rôle à jouer.

 

Lorsque ces distances ne sont pas respectées -chaque distance correspondant à une bulle- les relations, comme la communication, peuvent être perturbées. Si vous avez déjà pris le métro aux heures de pointe, vous voyez probablement de quoi je veux parler... Dans ce genre de situation, on se retrouve propulsé malgré nous dans une distance intime (parfois 0 cm!) avec des personnes qu'on ne connait pas et qu'on n'a pas choisies. D'où la sensation déplaisante et gênante qui en découle.

 

 

La redéfinition des distances
Ce que nous vivons aujourd'hui avec le Covid-19, c'est précisément une redéfinition des distances sociales, puisqu'on nous incite, à juste titre, à les décupler. On l'observe dans les transports bien sûr, mais également en entreprise où chacun semble se méfier de l'autre. Il y a quelque chose de très animal, très instinctif dans ces réflexes de sécurité, même si, comme déjà évoqué, il nous est parfois difficile de nous défaire de nos habitudes. Quelqu'un tousse, on regarde, on jauge... On s'éloigne, on change de place. On met son écharpe devant son visage, à défaut de mettre un masque. Certes, l'écharpe ne constitue pas une barrière contre les virus, mais l'on se donne à soi-même l'illusion de se protéger, de se barricader.

 

Le télétravail n'a jamais été autant la règle qu'en ce moment. De plus en plus de réunions ont lieu à distance et on se rend bien compte de ce que cela modifie au niveau des relations interpersonnelles. Il manque des dimensions évidentes. Le fait d'être dans la même pièce et en call, ça n'a pas grand chose à voir. De la même façon, les managers doivent souvent gérer leurs équipes à distance. Et pour beaucoup d'entre eux, ça change tout !

 

Avoir conscience de l'importance du corps et des distances sociales (et pas seulement en temps de crise, comme en ce moment) est essentiel. Cela permet de maintenir une communication équilibrée avec les autres. Cela signifie avoir une vigilance particulière afin de respecter la « bulle » de chacun. Ne vous est-il jamais arrivé de vous retrouver face à une personne qui, pour vous parler, se place trop près de vous ? Au point de sentir son haleine, sans l'avoir délibérément décidé. Votre réaction a probablement été de vous reculer. La présence de l'autre dans une distance intime non désirée (intrusion dans notre bulle) a pour effet de dégrader la communication. Au lieu de la maintenir, on a plutôt envie de fuir. Mais l'inverse est vrai, une trop grande distance physique peut sembler dire à vos interlocuteurs que vous ne souhaitez pas créer de lien, de complicité, de connivence.

Et on ne le dira jamais assez, dans la vie personnelle comme dans la vie professionnelle, c'est votre capacité à créer du lien, qui fait la différence.

 

Que ces moments singuliers que nous vivons actuellement, où l'on s'attache à moduler autrement ces distances puissent nous aider à prendre conscience de l'importance de notre posture, de notre corps dans nos échanges interpersonnels.

Avec tous les dégâts provoqués par ce virus, si on arrive à en tirer au moins un effet positif, c'est toujours ça de pris, non ?

 

 

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