C‘est drôle comme le sens des mots change.

Et ce sont presque toujours les jeunes générations qui se chargent de dépoussiérer les vocables en leur attribuant des significations nouvelles, leur permettant ainsi d’avoir une seconde vie.

 

On entend fréquemment des jeunes gens aujourd’hui s’exclamer « Il est sérieux ? » ou encore « Sérieux ? ». Derrière ces interrogations, on doit lire plutôt « il le pense vraiment ? » dans lequel est mis spontanément un ton de désapprobation, ou encore « vraiment ? » avec cette fois-ci plutôt de l’étonnement. 

Si on se réfère au sens premier de « sérieux » on trouvera, dans la plupart des dictionnaires, des définitions qui se recoupent. Ce qui est sérieux est digne de confiance, réfléchi, s’appuyant sur des bases sûres. Quelqu’un de sérieux, c’est quelqu’un sur qui on peut compter, sur qui on peut s’appuyer. Au sérieux, s’oppose souvent la légèreté, la frivolité, la distraction…

Alors, je ne peux m’empêcher de vous poser cette question : « dans le cadre professionnel, êtes-vous sérieux ? »

Gardez-vous bien de répondre trop vite. Certes, vous êtes tenté de faire valoir votre fiabilité. En bon professionnel que vous êtes, vous aimez l’idée qu’on puisse s’en remettre à vous, qu’on n’hésite pas à se référer à vos qualités, à vos compétences et aux comportements judicieux que vous savez adopter selon les situations.

Est-ce à dire qu’il ne vous arrive jamais de sourire ? Jamais de rire ? Jamais de lâcher prise ? Si vous avez répondu « non » à ces trois interrogations, permettez-moi, avec tout le respect que je vous dois, de vous plaindre quelque peu…

Rapprochons-nous encore une fois des jeunes générations.

Savez-vous ce qui ressort souvent des sondages dans lesquels on leur demande ce qui les attire dans une entreprise ou ce qui les fait rester ? Le salaire ? Oui, bien sûr, mais pas seulement. Une des données essentielles qui revient constamment c’est tout simplement « l’ambiance de travail » !

L’ambiance ?

Ces jeunes gens confondraient-ils entreprise et discothèque ? Pour leur défense, concédons qu’on parle bien de « boite » dans les deux cas ! Mais la comparaison semble s’arrêter là.

Il est troublant de constater à quel point les plus anciens et les plus jeunes ont tendance à s’opposer sur la question du « sérieux ». Les uns voient derrière cette qualité, une capacité à se concentrer, à respecter l’Autre et à afficher une mine de circonstance. Les autres, bien qu’étant plus jeunes, estiment que la vie est trop courte pour ne pas la croquer à pleines dents et que la bonne humeur n’est pas incompatible avec l’efficacité.

Que se passe-t-il traditionnellement quand le patron ou le manager n’est pas au bureau ? (Toutes générations confondues !)  Il y règne un autre climat. On s’autorise. On se détend. On éclate de rire. Et que se passe-t-il quand il revient ? On redevient sérieux. L’autorité managériale conduirait donc la plupart des collaborateurs à adopter un comportement stéréotypé qui souligne que chacun est concentré sur sa tâche et qu’il n’est pas de bon ton de l’aborder autrement que par la gravité.

Quand le chat n’est pas là…

Et pourtant, nombreuses sont les entreprises qui, parce qu’un manager était absent sans pouvoir être remplacé pendant un certain laps de temps, ont dû laisser une équipe autonome dans son fonctionnement et dans ses actions. Elles ont parfois eu, ces entreprises, la curiosité de vérifier ce qu’il en était en termes de résultats. La productivité a-t-elle chuté par l’absence de management et potentiellement de « sérieux » dans la façon d’aborder son activité ? Point du tout ! Dans la plupart des cas, les résultats sont identiques. Plus alarmant encore… parfois, les résultats sont meilleurs lorsque les managers sont absents… De quoi se poser des questions, non ?

Dire que les managers sont inutiles serait un peu hâtif. Mais ces expériences prouvent en tous cas que, sans pression et probablement avec une atmosphère de travail plus détendue, on est aussi efficace sinon plus qu’avec un bâton menaçant !

Soyez honnêtes ! À choisir… préférez-vous une réunion post-déjeuner soporifique où vous luttez désespérément pour maintenir vos paupières ouvertes ou la même réunion dans laquelle on injecte un peu de vie, de bonne humeur et d’entrain ? Je crois déjà connaître votre réponse…

Dans l’entreprise, comme ailleurs, les préjugés sont coriaces. « On n’est pas là pour s’amuser ! », « on n’est pas là pour rigoler ! » « Faut être sérieux ! ». Depuis toujours, toutes les expressions sont là pour nous rappeler que le travail c’est sérieux, la distraction, il faut la garder pour les loisirs…

Les jeunes générations ont souvent du mal -rien d’étonnant ! - à s’accomoder de ces règles. La frontière vie personnelle et vie professionnelle est, chez cette population, particulièrement poreuse. Les outils de communication et l’ultra-connexion contribuent constamment à l’épanchement d’une vie sur l’autre. Pourquoi ne pourraient-ils pas, au cours d’une journée de travail éclater de rire en lisant un message qu’on leur a envoyé sur Facebook alors qu’il leur est demandé de recevoir avec le plus grand sérieux un mail professionnel adressé le soir ou le week-end par l’entreprise ? C’est donnant donnant. Si l’entreprise s’invite à la maison en dehors des heures de travail pourquoi la légèreté de la vie personnelle n’aurait-elle pas le même droit d’entrée dans la journée professionnelle ?

Autrefois, il était très mal vu de recevoir un appel personnel sur son lieu de travail. On était obligé de se cacher, d’abréger…

Aujourd’hui fort de ce principe d’interpénétration des vies personnelles et professionnelles, l’usage semble l’autoriser de plus en plus.

Certaines entreprises, depuis quelques années, ont même basculé dans une nouvelle ère. Elles ont officialisé le fait que, même si l’étymologie du mot « travail » renvoie à la torture, le milieu professionnel devrait devenir un lieu d’épanouissement personnel. On aménage des salles de pauses, on propose des espaces sportifs, on démultiplie les activités de détente dans les locaux professionnels. Le dur labeur laisse même place allègrement aux notions de plaisir et de bonheur au travail qui commencent à nous être désormais familières, même si, il faut bien le reconnaître, beaucoup de collaborateurs n’en voient pas encore la traduction concrète dans leur quotidien professionnel !

Mais plaisir et sérieux font-ils bon ménage ?

Pas sûr.

Dans le plaisir, dans le bonheur, il y a conjointement de la passion, du bien-être et de la légèreté.

C’est indéniable, ce n’est donc plus à prouver, des collaborateurs contents, heureux d’aller travailler sont plus productifs, plus efficaces.

Moins susceptibles d’être atteints par la trop large palette des risques psychosociaux, ils vivent mieux les changements qu’impose de plus en plus la vie de l’entreprise et s’adaptent plus vite.

Cela nous renvoie à une question qui revient cycliquement lorsque qu’on évoque les desiderata des nouvelles générations : qui doit s’adapter ? Les jeunes ou l’entreprise ?

On serait tenté, pour ne faire de tort à personne de répondre « les deux mon capitaine ! ». En réalité, nul besoin d’être clairvoyant pour savoir que l’entreprise de demain, ce sont ces générations qui la feront. Il est normal qu’elles aient envie qu’elle soit à leur image et surtout qu’elle corresponde à l’image de la société dans laquelle ils vivent.

Les jeunes savent que cette société a une propension à limiter un certain nombre de scissions notamment dans les relations hiérarchiques, les vies personnelles et professionnelles, les temps de travail. Il est logique qu’ils aient envie de faire rentrer une bouffée d’air frais dans un quotidien parfois contraignant et pesant. Ça se défend, non ?

Alors si comme moi, vous ne faites pas partie de ces jeunes générations, faîtes un effort ! Pour vous, certes, mais surtout pour eux car si vous ne le faîtes pas, il y a fort à parier qu’à force d’être trop « sérieux », on finisse par vous trouver « grâââve » !

Et, dans leur bouche, pas sûr que ce soit un compliment !

 

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