« À chaque fois que je me baisse pour lui montrer un document, il regarde à l’intérieur de mon chemisier… »

 

 

Les témoignages ne finissent pas de s’accumuler. Les plaintes également. Le harcèlement sexuel n’est pas nouveau, mais ce qui est nouveau c’est qu’on en parle autant.

À part les agresseurs… tout le monde s’en réjouit. Ce véritable fléau dans l’entreprise qui prend une place considérable dans la liste déjà bien fournie des Risques Psycho-Sociaux est particulièrement dévastateur. Il détruit des motivations, il fait vaciller des équilibres, il perturbe le corps et l’esprit, il peut même altérer la vie personnelle des victimes.

 

Tout commence par une usurpation de droits. Celui qui commet ce type d’infraction estime consciemment ou inconsciemment qu’il est en droit de le faire. Il a souvent l’illusion que son statut le lui permet. On constate dans bien des cas –mais pas exclusivement pour autant- que l’homme qui exerce un harcèlement sexuel sur une femme est son supérieur direct ou, en tous cas, occupe une fonction qui le place hiérarchiquement au-dessus de sa victime.

 

Avez-vous souvent entendu parler d’un employé de l’entretien exerçant un harcèlement sexuel sur une directrice commerciale ?

Je ne crois pas.

 

Mais celui qui commet ces méfaits, sait-il qu’il est hors-la-loi en procédant ainsi ? Oui, très probablement, et pourtant cela ne l’empêche nullement de le faire, encore moins de continuer.

 

La loi ? Que dit-elle exactement ?

 

L’article 222-33.-I. est sans appel : « le harcèlement sexuel est le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit, portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ».

 

Pour ceux qui pensent que les propos et les comportements doivent être nécessairement répétés, voici la suite :

 

« Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d'user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers.

 

La loi ajoute que ces différentes façons d’agir ou de dire entraînent pour l’auteur du délit des peines précises sur lesquelles nous reviendrons un peu plus loin.

 

On peut se demander véritablement comment ces hommes (il faut le reconnaître, ce sont essentiellement des hommes qui commettent ce type d’actes) peuvent, en connaissant la loi et la gravité qu’il y a à l’enfreindre, continuer envers et contre tout à perpétrer leurs délits.

 

Le harceleur occupe dans 80% des cas une position de force dans l’entreprise. Le reste des harcèlements se fait entre collègues.

Le harceleur se croit tout puissant, estimant qu’il a toutes les cartes en main. Il n’est pas forcément idiot. Il sait que la personne harcelée sera fragilisée par ses actes. Il sait qu’elle choisira le silence, plutôt que la honte. Il sait que dans certains cas, elle cèdera et qu’il obtiendra ce qu’il voulait.

Il se berce parfois d’une douce et fausse illusion : il pense qu’il s’agit d’un jeu, un peu comme le fait le chat avec la souris et partage avec le chat un soupçon de sadisme.

 

Le harceleur confond séduction et agression. La loi n’interdit à personne y compris dans le milieu professionnel d’avoir des attirances, de marivauder, de draguer et même de « consommer ». Beaucoup de couples se forment dans la vie professionnelle, et il n’y a rien à dire là-dessus !

Tous les psychologues et les sociologues l’accordent, l’entreprise est devenue un des lieux où germent le plus de fantasmes et de relations ambigües. Il semblerait que ces dernières années, cette tendance s’accentue encore. La raison invoquée par ces spécialistes tient dans la pression qui règne, les contraintes toujours plus fortes, les exigences déraisonnables de l’entreprise et une posture managériale qui oscille entre la croissance de la production et le bien-être des salariés.

Ce climat pesant justifierait des comportements exutoires qui démultiplieraient les fantasmes et les relations sensuelles.

Là encore rien qui soit répréhensible aux yeux de la loi.

 

Mais la question clef, lorsqu’on parle de harcèlement sexuel, c’est le consentement.

 

Le consentement mutuel des adultes concernés ou l’absence de consentement ; on bascule vite ainsi d’une situation normale ou acceptable à un délit.

 

Beaucoup de harceleurs jouent précisément la carte du consentement. Ils estiment même, après avoir commis leurs actes délictueux, pouvoir s’appuyer sur ce prétendu consentement quand bien même il serait totalement inexistant. Autrement dit, ils vont soutenir que la seconde personne avait accepté leurs avances, qu’elle aurait très bien pu refuser, qu’elle ne l’a pas fait et qu’il ne se sentait donc pas, de ce fait, hors la loi…

 

Un peu facile, me direz-vous ? Et pourtant, c’est un argument de défense constant.

 

Quand commence le non consentement ?

C’est pourtant assez simple : à partir du moment où la femme (ou le cas échéant, l’homme) dit « non » avec des mots, avec des gestes, avec son corps, le personnage entreprenant doit s’arrêter et comprendre que son approche n’est pas la bienvenue.

C’est simple et pourtant les agresseurs font fi de cette règle. On leur dit « non » et ils ne voient rien. On leur dit « non », et ils font semblant de ne rien voir. On leur dit « non » et ce « non », loin de les décourager semble avoir un effet contraire à sa raison d’être, provoquant une surexcitation, une montée de testostérone probablement dictée par l’interdit.

 

Comment prouver qu’il y a harcèlement ?

 

C’est bien toute la difficulté !

Sauf, s’il y a des marques physiques et des preuves tangibles de la violence des actes et de la dimension à sens unique de ces derniers, excepté s’il y a des traces écrites ou des témoignages, il sera souvent difficile pour la victime de prouver les faits.

C’est précisément ce sur quoi le harceleur croit bon de s’appuyer. C’est mal connaitre la loi.

 

La loi s’est assouplie au profit de la victime et il y a tout lieu de s’en réjouir. Désormais, ce n’est pas à elle de prouver qu’il y eu harcèlement sexuel mais à l’auteur du délit de pouvoir le contester.

La victime doit recenser les faits, les exposer, fournir un maximum d’éléments et ce sera à l’agresseur de prouver le caractère infondé des accusations.

 

Et si le harcèlement sexuel dans le cadre professionnel est confirmé ?

 

Des mesures peuvent (et doivent) être prises par la Direction de l’entreprise concernant le fautif. Des sanctions disciplinaires allant jusqu’au licenciement peuvent être prononcées.

 

Au-delà de l’entreprise, le code pénal prévoit des condamnations pouvant être lourdes également : le harcèlement sexuel peut être puni de 2 ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Cette somme peut être portée à 45 000 euros lorsque les faits sont commis par une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions.

 

À « bon harceleur », salut !

 

 

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