Le changement. On y est tous et toutes confronté(es) à un moment ou à un autre…
Changement de poste, changement d’entreprise, changement de lieu d’habitation, changement de coiffure (souci que j’ai réglé depuis longtemps…) changement de voiture, changement de partenaire de vie…

La vie ne serait-elle faite que de changements ?

 

 

Peut-être...

Est-ce nouveau ? Pas vraiment.

Il y a quelques années, de longues années, Héraclite d’Éphèse, philosophe grec qui vécut entre le VIème et Vème siècle avant notre ère, déclarait « Rien n’est permanent, sauf le changement », c’est dire à quel point le changement ne constitue vraiment pas un sujet nouveau ou, en tous cas, lié à la vie moderne !

Mais si le changement nous concerne tous et qu’on le vit depuis si longtemps, comment se fait-il qu’il soit quasiment en permanence présenté comme une étape posant problème ? Quand on parle de changement, on parle très vite de difficultés et les vocables « freins » et « résistances » ne sont jamais bien loin.
Ne peut-on définitivement pas s’habituer au fait que la vie n’existe pas sans changements ?

Depuis des années, lorsque je démarre un séminaire sur ce thème, très vite le brainstorming sur le changement prend une coloration négative. Je finis toujours par entendre un des participants proclamer que « c’est dans la nature humaine d’être hostile au changement » ou encore « qu’on a toujours tendance à refuser le changement, au moins dans un premier temps ».

Alors, je m’empresse de gentiment provoquer tout ce petit monde ! Tiens, si je faisais la même chose avec vous ?

Je vous annonce un grand changement. Ce changement va intervenir dans votre vie avant la fin du mois… Ce changement va avoir des conséquences énormes dans votre quotidien… (dès lors, on commence à se poser des questions, à s’interroger… Impatience de savoir mais également déjà un peu d’appréhension…).

J’annonce alors la grande nouvelle : à la fin du mois, on va doubler votre salaire !

Je provoque encore : y a-t-il des personnes qui seraient spontanément hostile à ce changement ? Trouvez-vous qu’il est trop brutal ? Préférez-vous qu’on le diffère dans le temps ?

CQFD.

Le changement peut très bien être accepté immédiatement, dès lors qu’on estime qu’il nous est totalement profitable ! Churchill de le confirmer «Il n’y a rien de négatif dans le changement, si c’est dans la bonne direction ».

Le problème crucial est peut-être là. On ne lit pas dans le marc de café ! Et lorsqu’un changement s’annonce (à part l’exemple salarial que je viens de donner !) on ne sait pas toujours s’il nous sera favorable. Et on a beau tenter de nous rassurer (« ce logiciel va vous faire gagner du temps », « ce nouveau système va permettre de faire des économies… »), on se pose néanmoins des questions, précisément parce que le changement, c’est la nouveauté et la nouveauté, qui appartient par définition au futur, on ne la maîtrise pas…

 

Faut-il en conclure que, excepté dans les cas où les changements annoncés sont d’office envisagés comme positifs, tous les autres changements sont universellement difficiles à appréhender ? Est-ce vraiment dans la nature humaine d’y être hostile?

Et si c’était culturel ? 

Intéressons-nous au regard que portent les japonais sur cette question ! Ils ne prônent pas comme les européens notamment le culte de la stabilité, du confort immuable…

D’ailleurs cela s’inscrit dans leur quotidien : on construit avec des matériaux souples ou fragiles (beaucoup de bois et de papier) ; on mange des denrées vite périssables (le poisson cru)…

Comme si ce qui comptait n’était pas la pérennité mais de profiter des choses, au jour le jour…

On va retrouver cette philosophie traditionnelle dans le fameux « monono aware » littéralement le « pathos des choses » qui loue le caractère éphémère de la vie. Et précisément la beauté de ce caractère éphémère !

Nous sommes éblouis par les cerisiers japonais en fleurs, surtout lorsque la floraison atteint son paroxysme. Eh bien, les japonais, eux, préfèrent le moment transitionnel où les fleurs tombent annonçant le changement.

Nous sommes rassurés par la stabilité, le matériel, ils vénèrent le changement, l’immatériel !

Qu’auraient-ils pensé, nos amis japonais, de la réflexion de cette stagiaire, qui, lors d’un séminaire que j’animais, avait provoqué malgré elle l’hilarité dans la salle de formation ? Alors que j’encourageais les participants présents à faire évoluer leurs comportements, elle prît la parole et me dit, sur un ton sans appel : « Frédéric, vous n’allez pas me changer à mon âge ! ».

Elle avait 23 ans.

 

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