Avez-vous remarqué ce besoin que nous avons toutes et tous de raconter le soir en rentrant notre journée ? À notre compagne, notre compagnon, nos proches, éventuellement notre chien, ou, dans le pire des cas… notre poisson rouge…

Avez-vous noté que...

... dans bien des cas, personne ne nous le demande ?!

Autrement dit, cette tendance à l’épanchement, à vider son sac, sac qu’on a copieusement garni pendant des heures depuis le matin et qu’on ne songe désormais qu’à vider, semble plus importante pour celui  (ou celle) qui le fait que pour celui (ou celle) qui écoute !

« Tu m’écoutes ? »

Pas très bon signe quand on entend ça ! Derrière cette question fermée, on sent déjà pointer le reproche…

Et ce n’est pas parce qu’on répond habilement « bien sûr que je t’écoute ! C’est pas parce que j’ai un œil sur la télé, l’autre sur mon smartphone qui vient de vibrer et que je regarde s’il ne reste pas des chips d’hier soir, que je ne t’écoute pas… Je peux faire plusieurs choses à la fois, tu sais ! ».

 

Pourquoi ce besoin de raconter aux autres ce qui s’est passé durant notre journée ?

Il y a probablement dans ce récit comme un besoin de digérer les faits positifs ou négatifs, les ressentis qu’on a accumulés, les revoir, les repenser avec un peu de recul… C’est une façon de se libérer de tout ce qu’on a engrangé pendant la journée et de pouvoir aller dormir plus léger afin de repartir le lendemain avec un sac moins plein, prêt à être rempli de nouveau !

Voyons dans cet acte presque une catharsis, autrement dit une dimension réparatrice, qui viendrait purger les évènements de la journée. Donc, cette catharsis ayant valeur de purification, et ce n’est pas Aristote qui me contredira (surtout qu’il est très peu présent sur les réseaux sociaux !!!), pourrait avoir un effet apaisant.

 

Besoin de parler de ce différend avec un collègue, son manager ou son assistante ? On cherche probablement l’approbation face à la posture qu’on a tenue, au regard qu’on a porté, à la décision qu’on a prise… « Tu m’écoutes ? » Derrière cette formule consacrée se cache peut-être le besoin d’avoir un retour, une réaction, un regard extérieur pour nous conforter dans nos choix et nous réconforter tout court !

 

Voilà pourquoi le paradoxe « je passe ma journée à travailler, j’ai envie le soir de me détendre et de penser à autre chose… et pourtant, sitôt rentré à la maison, je me remets à parler boulot ! » n’en est peut-être pas un. Cet instant « vidange » est peut-être une phase transitoire nécessaire pour passer du professionnel au personnel.

D’ailleurs, à l’inverse, le retour au bureau le lundi matin, n’est-il pas ponctué par la question fatidique « t’as passé un bon week-end ? ». Comme une nouvelle transition du personnel au professionnel…

 

Si on ne posait aucune question, si on ne manifestait aucun intérêt particulier à l’actualité récente de son interlocuteur(trice), que se passerait il ? On risquerait fort d’entendre à un moment donné « Tu ne m’as même pas demandé comment s’est passée ma journée ! ».

Comme si, ne pas accepter cette première étape de la soirée était un manquement au règlement intérieur implicite du foyer. Pire, une déclaration ouverte et officielle de non intérêt vis-à-vis de l’Autre.

 

Imaginez d’ailleurs sa réaction si vous osiez dire : « je ne veux pas savoir ce que tu as fait aujourd’hui, je ne veux pas te raconter ma journée, non plus ! » Ce serait pratiquement une déclaration de guerre.

En revanche, est très bien perçu le fait de suivre le feuilleton quotidien en se tenant spontanément informé de la continuité des événements, de l’évolution des personnages… « Comment ça s’est passé alors avec Damien ? » a beaucoup plus de succès que « il s’appelle comment déjà le nouveau ? ».

 

Même si on n’est pas toujours disponible, pas toujours réceptif… on se prête quand même, chaque jour, à cet exercice !

Pourquoi ? Parce qu’il faut bien communiquer, non ? Comme je le répète souvent, lors des séminaires que j’anime, dans « communiquer » il y a « commun », ce qui signifie que communiquer c’est mettre en commun, autrement dit partager… Je dois avouer qu’en 20 ans de coaching et de formation, on m’a quelques fois rétorqué que dans communiquer il y avait aussi (pardon, d’avance) « niquer ». A ces petits plaisantins, j’ai eu tôt fait de répondre que ce deuxième terme va également dans le sens d’une communication… partagée… !

 

Mais pourquoi faire l’effort d’écouter ? Probablement, parce qu’on attend la même chose de l’autre. Parce que c’est donnant-donnant. Et qu’on sait que si on veut être écouté à son tour, il faut faire d’abord cet investissement !

Dans une période où la concurrence est accrue, la mondialisation et ses conséquences omniprésentes, la demande de plus en plus pressante sur les collaborateurs et les moyens et les effectifs en berne, ce « sas de décompression » semble indispensable pour tout le monde !

 

Pensez-y au prochain échange du soir, réfléchissez à la portée de cette « communication feuilleton » quotidienne, qui, bien que contraignante et récurrente, contribue sans doute à nous rendre… plus belle la vie…   ;-)

 

 

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